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| Edito |
" Vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie."
"Les douleurs passent, la fierté reste."
Première étoile
Actualités passées :
- participation aux 24 heures de Séné les 12 et 13 juillet 2008 --> 191,015km (12ème place) Actualités futures :
- Transe Gaule 2008 du 11 au 30 août 2008;
- Marathon de Vannes le 19 octobre 2008;
- Marathon de La Rochelle le 30 novembre 2008;
- TransEurope 2009 du 19 avril au 21 juin 2009;
Idées comme ça en passant :
8 et 9 novembre 2008 : 24 heures d'Aulnat (mais ça va être dur de rentrer le dimanche après la course pour bosser le lendemain => décision courant septembre)
ZIC : coups de coeur du moment.
" Voyager, c'est demander d'un coup à la distance ce que le temps ne pourrait nous donner que peu à peu." Paul Morand.
Quand je me suis décidé à créer un blog, je l'ai fait en me disant que j'allais pouvoir faire profiter de mon expérience en course à pied à d'autres coureurs, expérimentés ou non.
J'avais aussi envie de faire une synthèse de mon passé de coureur. Au bout de 18 ans de pratique régulière (à ce jour), où j'ai accumulé une expérience sur toutes les distances allant du 10 km (voire moins, par exemple les cross) au 100 km , avec une incursion dans le monde de la course horaire (et un premier 24h encourageant où j'ai parcouru 191km), j'ai participé à plus de 200 courses (c'est peu diront certains) dont la moitié environ (127) étaient des courses d'au moins la longueur d'un marathon (c'est beaucoup diront d'autres). J'ai noté tous mes temps de passages sur à peu près toutes les courses auxquelles j'ai pris part, ainsi vous pourrez vous rendre compte que des erreurs, on en fait à tout âge et à tout niveau, mais que l'on peut aussi progresser si l'on suit un bon entraînement. A ce propos, j'ai commencé à "recopier" mes premiers carnets d'entraînement, de 1989 à 1993 : préparations à mes premiers marathons, à mon premier 100km...
L'année 2005 a représenté pour moi le franchissement d'un palier dans l'ultra distance : j'ai participé et terminé la Transe Gaule qui est une course par étapes qui part de Roscoff (dans le Finistère) et qui se termine à Gruissan-plage (qui se situe à côté de Narbonne dans l'Aude). Au total, j'ai parcouru 1149 km en 18 étapes sans journée de repos. J'ai fait un large compte rendu de la course, de ses à-côtés, de ses moments de bonheur ou de souffrances. J'y ai gagné ma première étoile, d'où le nom de mon blog.
Cet exploit, nous étions 24 à le réaliser en 2005 (sur 24 partants !).
En 2006, j'ai remis ça et j'ai gagné ma seconde étoile (mais je ne vais pas changer le nom de mon blog pour autant). Quand je me suis inscrit, tout comme 37 autres coureurs, mon but était de faire Roscoff-Gruissan-plage sans bobos. J'y suis parvenu, en adoptant une démarche prudente. Ce n'est pas parce qu'on a déjà couru une course qu'on la connaît parfaitement. Donc, j'ai couru avec le frein à main pendant les 13 premières étapes, et une fois la troisième semaine de course entamée, j'ai pu enfin me faire plaisir et courir à un rythme un peu plus soutenu, correspondant mieux à mon niveau. Ceux qui n'ont pas adopté cette démarche prudente se sont "brûlé les ailes" et ont connu soit l'abandon soit les affres de la course-galère avec son lot de souffrances.
En 2007, je suis de nouveau parti pour cette grande promenade à travers la France. J'ai gagné ma troisième étoile ! Et cette fois-ci, j'ai couru sans retenue sauf, bien sûr, lors des premières étapes où il me fallait quand même être prudent et ne pas tout gâcher sur un moment d'euphorie non contrôlée. J'ai réellement pu mettre en action mon esprit de compétiteur et cela m'a bien réussi car je finis cette édition à une allure et dans un état de fraîcheur que je n'avais pas imaginés.
Mon programme est tout tracé pour les mois à venir : conquérir une quatrième étoile avant de m'attaquer au gros gâteau que sera la TransEurope 2009.
En vous souhaitant une bonne promenade sur ce blog qui va continuer d'évoluer au fil des jours et des entraînements ou compétitions.
Fab***
PS: mille mercis à Pascale sans qui mon blog en serait resté au stade des velléités.
"... il faut aimer la vie, l'aimer, même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants ... et les Mistral gagnants..." Renaud Mistral Gagnant
" Cueille ta vie, avant qu'elle soit emportée par le vent, cueille ta vie avant qu'elle soit abîmée par le temps, cueille ta vie, tiens-la fort et ne l'enferme pas dans leurs rangs, ne la laisse pas s'envoler loin des rêves, cueille-la dès maintenant" Keny Arkana "Cueille ta vie"
"... Il est jamais trop tard pour cueillir sa vie, rattraper le retard, tout commence aujourd'hui..." Keny Arkana |
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| C.R. des 24 heures de Séné 2008. (le 14/07/2008 à 15h02) |
Un peu plus de 24 heures après la course, il est difficile de se mettre à rédiger un CR sans "tout mélanger" et sans déformer la réalité des choses.
Je vais procéder par ordre chronologique, depuis le moment où j'ai "atterri" au complexe sportif jusqu'à l'instant où j'ai dû reprendre la route pour rentrer à la maison.
Vendredi 11 juillet, 18h : arrivée à Séné.
Mon voyage aura duré 1h30, à peine perturbé par le flot des véhicules des vacanciers qui allait plutôt dans l'autre sens. Une fois arrivé, j'allai chercher mon dossard et les "pièces jointes", puce, réglement, liste des partants, T-shirt technique... Je retrouvai quelques "Gaulois", Gwen*, Xavier*, Bernard*, je fis connaissance avec le futur vainqueur (Chico, Christian Leroux), le futur second (Albert Vallée), d'autres coureurs dont je ne me souviens plus les noms, je dis bonjour à Bruno (Manitas) et à d'autres personnes de l'organisation, tous affairés à ce que ce les 24 heures soient une véritable fête de l'ultra.
Dans une heure débuterait la pasta, il fallut aller trouver un emplacement pour installer la tente. Après une installation près de la route, je décidai de changer de coin, me trouvant trop loin (50m) du parcours, et trop près de la route et de la circulation. Du coup je me réinstallai juste derrière le barnum des ravitaillements personnels, en profitant pour mettre ma voiture dans le bon sens afin que je puisse accéder à tout mon matériel lors de la course sans avoir à trop me déplacer.
A la pasta, bonne petite ambiance, beaucoup de retrouvailles, Jean-Benoît étant arrivé, nous avons dîné ensemble avec quelques futurs coureurs de la Milkil. Après le repas, nous avons cherché, en vain, un bistrot où nous aurions aimé prendre une petite mousse (ou plusieurs si affinités), mais un vendredi soir de juillet, avant-veille de 14 juillet qui plus est, plus rien n'était ouvert. Qu'à cela ne tienne ! L'expérimenté JBJ avait prévu le coup et nous proposa un "ravito type étape de la TG" à savoir une bière de 50cl dont il avait mis quelques échantillons dans sa glacière. Bientôt 23h, l'heure d'aller dormir était venue.
Samedi 12 juillet, 7h : réveil.
En fait, j'étais déjà réveillé depuis un moment et je guettais si d'autres personnes étaient elles aussi debout. Il fallait bien profiter de cette petite grasse matinée, la prochaine n'étant théoriquement programmée que pour lundi matin. Autant il faisait frais hier soir que ce matin la température était douce. Cela allait être une belle journée d'été, pas trop chaude peut-être, et en tout cas pas de nuages porteurs d'eau en vue.
Je rangeai rapidement mes affaires à l'intérieur de la tente afin de les retrouver du premier coup en cas d'arrêt dodo pendant la course. J'installai aussi mes différents sacs et boîtes dans le coffre de la voiture pour tout retrouver du premier coup : Boîte H+8 où une paire de running attendrait son tour, boîte H+16 où une seconde paire attendrait elle aussi son tour, deux sacs "pour en cas de mauvais temps" où deux autres paires étaient prêtes, un sac marqué " H+4, +8, +12, +16, +20" où se trouvaient des tenues de rechange (shorts, chaussettes, casquette, coupe-vent...), un autre sac marqué "H+12 configuration nuit fraîche" où j'avais placé un collant de course, divers maillots plus ou moins épais, des buffs, un bonnet, des coupe-vent...
Le petit-déjeuner était prêt, je fis une pause dans mes préparatifs et me rendis sur les lieux de ce dernier repas assis avant ... le prochain pas prévu avant le midi du lendemain. Un four micro-onde explosé plus tard, et quand même quelques tartines avec confiture et bols de café au lait sucré, je repris ma préparation matérielle que je souhaitais sans faille afin de perdre le moins de temps possible lors des recherches de matériel pendant la course. J'avais une glacière dans laquelle j'avais emporté 4 gâteaux de riz de 500g chacun, 4 panachés, 4 petits Yop + un grand d'1 litre, le tout calé par mes plaques de glace de camping. J'avais aussi une caisse en plastique dans laquelle étaient à disposition rapide des barres de céréales, des crèmes anti-frottements, des gants jetables, des pansements, mon portable, et plein d'autres trucs plus ou moins utiles selon le déroulement de événements, mais qui risquaient de manquer en cas de nécessité.
Maintenant, à H-1, il était temps de passer à la préparation proprement dite de la tenue. J'optai pour un short assez large limitant les frottements, un T-shirt technique (Odlo, gagné au Marathon de Nantes), des chaussettes déjà portées une fois (mais lavées), mes runnings Mizuno Alchemy 6 (N°3). Je n'oubliai pas de fixer ma puce de pointage autour de la cheville (système "velcro"). Je mis de la crème sur mes pieds, pas trop pour ne pas que mes pieds glissent dans les chaussettes, je positionnai mes pansements afin de protéger mes tétons des frottements occasionnant des brûlures pouvant rendre la course encore plus difficile qu'elle ne le serait, je badigeonnai les autres parties du corps d'autres crèmes anti-frottements (sous les bras à cause du maillot et là où le short frotte). Je préparai ma petite bouteille de 30cl d'eau avec trois sucres que j'allai porter comme à mon habitude et qui allait me désaltérer quand je serai à l'autre bout du circuit. Mon mouchoir "compte-tours" était prêt lui aussi. Je laissai ma petite table de camping et ma chaise pliante à côté de la voiture, prêtes "en cas d'urgence" et me dirigeai avec tous les autres coureurs vers le site du départ de ces 24 heures. Il fallait rejoindre le bourg à 1200m d'ici par le chemin que nous aurions à refaire une fois le départ donné pour ensuite ne rester que sur le circuit long de 1340m environ (avant remesurage officiel).
Samedi 12 juillet, 10h : le grand départ.
Après une petite quinzaine de minutes de marche pour nous rendre sur les lieux du départ, donné dans le centre-ville de Séné, nous attendîmes quelques minutes qu'il soit bien 10h. La température était agréable mais on sentait bien qu'en cas de ciel dégagé le soleil allait taper et rendre la course difficile. Au loin quelques bancs nuageux laissaient espérer un peu d'ombre. On verrait bien.
A 10 heures précises, le départ fut donné. Le petit peloton de 70 coureurs s'élança cahin-caha, sur un chemin emprunté par le Tour du Golfe il y a peu de temps déjà.
Première impression : ils sont fous, ils partent trop vite ! Je me retrouvai parmi les derniers, mais le classement n'était pas ma préoccupation première, il fallait que j'atteigne le plus rapidement possible cet état d'équilibre que je mets quelques longues minutes à trouver quand je pars faire mes footings. Parfois ça met plus d'une heure à venir, parfois je le trouve au bout de 15 à 20 minutes. Là, de toute façon, j'avais le temps.
J'avais fait des calculs (de toute façon je n'arrête jamais d'en faire) et j'avais pris comme repère des portions de 3 tours, soit 4km à quelques dizaines de mètres près (1340x3=4020m). A chaque passage de la triple boucle j'enregistrai donc mes temps, ce qui, ajouté au pointage électronique de l'organisation et visible à chaque passage sur les tapis, me donnait une valeur un peu plus précise de mon allure.
Jusqu'à la 4ème heure, j'ai tourné entre 7'08" et 6'15" au km (remarquez l'extrème précision), soit entre 28'32" et 25'00" pour 3 tours, arrêts divers inclus. Cela correspondait au début de course, période de réglages, où la météo n'était pas trop chaude, mais je commençais bien à ressentir quelque lassitude et une certaine gêne au niveau de la sangle abdominale : était-ce cette sacrée pubalgie qui se réveillait ? Etait-ce autre chose qui se déclenchait et qui allait m'enquiquiner, et pour combien de temps ? Je me rendis compte un peu plus tard que c'étaient des maux de ventres provoqués par des gaz, et oui, ça arrive. Aussi, je me rendis compte que la faim était là, mais pas l'appétit : je ne supportais plus le sucré, ni les boissons gazeuses non sucrées du style "ça va fort" ou "P... c'est fou!" ou autres marques moins à la mode.
En tout cas, j'ai commencé à baisser un peu de rythme pour assurer et envisager la suite de la course sans l'option "galère". Les 4 prochaines heures qui m'amenaient jusqu'à 18h, où je devais effectuer un changement de "pneumatiques" et de tenue, se passèrent malgré tout, mon allure passant entre 8'10" et 7'20" au km, soit entre 32'40" et 29'20" aux 3 tours. J'en profitai même pour retirer le cardio au bout de 6h30' de course afin de ne pas me retrouver brûlé autour de la poitrine. Il ne m'avait pas été de grande utilité; j'avais remarqué que je me retrouvais très (trop ?) souvent au-dessus de la limite fixée et je n'avais pas envie de me prendre la tête avec ça et surtout pas de diminuer encore plus l'allure "escargotesque" à laquelle je m'étais mis à courir.
Samedi 12 juillet, 18h : le point après 8h de course.
L'arrêt programmé au premier tiers de ce 24 heures me fit énormément de bien. D'abord, je me changeai complètement, tenue, runnings, pansements, recrèmage des zones sensibles. Ensuite, j'en profitai pour m'alimenter différemment : depuis le départ, j'avais peu utilisé mon propre ravitaillement, me contentant de celui de l'organisation, mais me rendant compte que je ne pouvais plus rien avaler, il me fallait du changement. C'est là que les gâteaux de riz, les Yop et les panachés entrèrent dans la course, tout comme le Doliprane que je pris avant de reprendre la course. Bilan : un arrêt aux stands entre 15 et 20' suivi d'une longue période de marche avant de reprendre progressivement la course.
L'objectif que je m'étais fixé, d'atteindre les 100km avant les 12 heures de course, me semblait encore irréalisable au vu des dernières heures, mais je me dis que si je passais cette barrière symbolique en 12h et des brouettes, il n'y avait pas péril en la demeure et qu'il me resterait 12 heures pour avancer tranquillement. Mon tempo reprit une valeur proche de celui des premières heures de course, oscillant entre 6'35" et 8' au km, soit entre 26'20" et 32'00" aux trois tours. Je gagnai 11 places au classement dans ce laps de temps. La nuit était progressivement tombée, sans nous avoir privé d'un joli coucher de soleil. Peu à peu les groupes électrogènes se mirent à ronronner et les spots éclairant les chemins à luire dans la nuit. Parfois, une panne venait nous plonger dans une semi obscurité mais le parcours restait quand même toujours visible. Cela allait de mieux en mieux pour moi, une certaine euphorie me gagna. Je courus pendant plusieurs heures (ce n'étaient peut-être que de longues minutes, mais dans la nuit on peut perdre ses repères et déformer quelques impressions en les amplifiant) sans me faire dépasser par les premiers, sauf par les coureurs du 12h partis à 22h. Les femmes qui oeuvraient au stand de ravitaillement s'amusaient de me voir manger à la volée une ou deux cuillerées de riz au lait ou boire une gorgée ou deux de Yop à chacun de mes tours, elles m'avaient surnommé "La laitière" en référence à la marque de riz au lait.
Dimanche 13 juillet, 0h.
Les heures passaient, les km s'accumulaient, je me fixais des objectifs de 2 heures. J'avais prévu de m'arrêter faire un nouveau changement complet de tenue au bout de 16h de course, soit à 2 heures du matin. Mais je repoussais sans cesse ce moment, me confortant dans cette allure de course (8km/h de moyenne mais avec des tours à 10 km/h) et le rythme de ravitaillement d'une fois tous les trois tours. J'ai parcouru l'équivalent d'un marathon lors de cette période 22h/4h, soit une moyenne de 7km/h ou 5 tours à l'heure. Peu à peu, le parcours s'était "désertifié", il n'y avait plus grand monde : soit beaucoup s'étaient couchés, soit tout le monde courait à la même vitesse que moi et donc personne ne rattrapait plus personne. Quand on se fait doubler ou quand on double, on se dit un petit mot d'encouragement, pas tout le temps, certains préférant rester silencieux, d'autres s'étant "enfermés" dans leur bulle, mais après plusieurs heures à emprunter les mêmes chemins, on sait à qui on peut dire "Allez, courage !" ou "Bravo ! continue.", et on reconnait ceux à qui on ne dira rien car il n'y aura pas de réponse en retour.
J'avais trouvé la nuit douce jusqu'à 2 ou 3h, mais je pris le temps d'enfiler une veste de course et de remplacer ma casquette par un bonnet. Je pris aussi la décision de faire un ultime dernier gros arrêt à 6 heures du matin, après 20 heures de course, afin de terminer les 4 dernières heures dans les meilleures conditions possibles. Il ne fallait pas mollir, les 150km étaient dans la poche, tout le reste était du bonus. 4 marathons font 168km, mon objectif "caché" était 175km, dans ma tête je me disais :"Les objectifs, prends-les les uns après les autres, n'essaie pas de faire un truc au risque de te blesser."
Dimanche 13 juillet, 6h.
Après 20 heures de course, j'avais atteint la distance de 157km. Un rapide calcul me fit espérer en faire 4x7=28 de plus soit 185 au total. "Tope là l'ami, ça marche pour le nouvel objectif !". Je me remis en route, façon de parler car je ne m'étais pas arrêté, même à 6 heures comme programmé, et j'accélérai mon allure tout en réduisant mon temps d'arrêt au ravito. Les tours suivants étaient donc avalés de 6'50" à 7'30" au km, à chaque passage je consultais la distance officielle dont la partie décimale n'était pas très lisible car en bleu et je relançais au début de chaque nouveau tour. Une fois la barre des 180km atteinte, à environ 1h20' de la fin, je me permis une première petite pause afin de me ravitailler une dernière fois, puis à 30 minutes du terme j'en fis une dernière pour effectuer un changement de tenue : ma veste coupe-vent devenait trop encombrante et je commençais à avoir chaud. J'otai aussi le bonnet. J'enfilai alors un débardeur et ... il se mit à pleuvoir ! Cela ne dura pas, 10 minutes grand maximum, et je profitai de ces derniers moments avant l'heure H pour remettre les gaz : les 190 étaient jouables, autant ne pas se priver ! A l'avant-dernier tour, au passage sur les tapis on me remis un petit bloc de bois sur lequel était inscrit mon numéro de dossard (le N°7) et qui devait servir à marquer l'endroit où je m'arrêterai au moment du signal de fin de course. J'eus le temps de finir ce tour et même d'en effectuer un dernier allant jusqu'à courir, en plus de ce dernier tour, les 200 ou 250m qui auraient manqué pour dépasser 191km. Les 192km, soit 8km/h de moyenne, auraient été envisageables avec un peu plus de lucidité à ce moment, mais j'étais tellement content de moi que j'ai opté pour un arrêt tout proche des stands, là où quelques autres coureurs avaient décidé eux-aussi de stopper.
Dimanche 13 juillet, 14h passées et les heures suivantes.
Sitôt la fin de la course, une première pensée fut pour ma maman, décédée il y a deux ans à quelques jours de ces 24 heures (au mois de mai 2006) auxquels je devais participer. J'avais beaucoup pensé à elle pendant la course, ainsi qu'à ma femme et à mes enfants, à ma famille en général.
Une fois revenu à la réalité de la course, qui était terminée, ce que je ne réalisais pas encore vraiment, il restait plein de choses à faire : d'abord féliciter les compagnons de route, Jean-Benoît, Gwenaël*, Jean-Pierre*, Bernard*, Xavier*, Gilles, André, et tant d'autres auxquels il faut ajouter nos compagnons du 12h. Ensuite, direction la douche via la tente où j'avais préparé mon sac à l'avance. Je consultai les résultats officiels en passant : 191,015km à la 12ème place. J'étais très content de mon résultat.
Après la douche, ce fut l'heure des remises des prix où tout le monde fut appelé à son tour afin de recevoir, selon son classement, une coupe ou une médaille et une boîte de gâteaux bretons. Pendant la cérémonie, je piquai plusieurs fois du nez tellement j'avais envie de dormir. Mais il y avait le repas du midi offert par l'organisation, alors après une courte pause où je somnolai plus que je ne dormis, j'allai manger. Ensuite, direction la tente non sans avoir dit au revoir à de nombreux coureurs et organisateurs. Difficile de dormir, j'avais installé la tente au plus près du parcours, dans un endroit pentu et en plein soleil. Je trouvai un endroit plus ombragé pour mettre mon matelas mais des enfants sont arrivés et leurs jeux m'ont empêché de véritablement bien dormir. Alors je décidai de prendre la route : il était 17h00. Je dus m'arrêter une petite heure pour me reposer et arrivai chez moi vers 19h30 où, après avoir vidé la voiture et raconté mon aventure (moins longuement que dans ce CR) tout en dînant, je m'installai confortablement sur le canapé où je m'endormis assez rapidement, ne me réveillant que pour aller dans mon vrai lit.
à+Fab*** |
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| fin juin à mi-août 2008 : plans 24h et TG (le 31/12/2007 à 19h09) |
Plan qui sera affiné ultérieurement. Deux allures seront "travaillées" exclusivement même si je peux effectuer quelques accélérations en milieu ou fin de certaines séances afin de rester sur une dynamique "plus rapide". Allure 1 = end = endurance fondamentale entre 10 et 10,8km/h (FC 120/135) Allure 0 = lent = vitesse spécifique prévue sur les 24h, hors périodes de marche et d'arrêts aux stands, environ 9,5km/h (FC 114/123)
C.R.A.S.H. N° 26 ---> Semaine du 23/06/2008 au 29/06/2008. Plan perso semaine 1
Lundi 23/06 : soir, 45' pour 7,6km (FC moy 120, maxi 135)[45">131>13'>123]
Mardi 24/06 : soir, 1h07' pour 11,3km.(FC moy 120, maxi 146)[1'>140>9'>131>18'>123]
Mercredi 25/06 : après-midi, 45' end(=10km/h) + 45' à 11,5km/h + 11'end. Total 1h41' pour 18,0km. (FC moy 127, maxi 162)[2'>158>4'30">149>8'>140>30'>131]
Jeudi 26/06 : soir, 1h02'30" pour 10,4km. (Fc moy 117, maxi 134)[1'>131>13'>123]
Vendredi 27/06 : soir, 1h33' pour 15,9km. (FC moy 126, maxi 149)[8'>140>17'30">131>31'>123]
Samedi 28/06 : après-midi, 45' end (à 10 km/h) + 1h02' à 11,5km/h + 24' end (à 9,8km/h). Total 2h11' pour 23,2km. (FC moy 125, maxi 149)[17'>140>33'30">131>31'30">123]
Dimanche 29/06 : après-midi, 1h40 pour 16,7km. (FC moy 113, maxi 133)[30">131>7'>123>39'>114]
Total semaine N° 26 : 10h00' pour 103,1km en 7 séances.
C.R.A.S.H. N° 27 ---> Semaine du 30/06/2008 au 06/07/2008. Plan perso semaine 2
Lundi 30/06 : repos
Mardi 1/07 : soir, 54' pour 9,6km. (Fc moy 122, maxi 142)[10'>131>15'>123]
Mercredi 2/07 : après-midi, 1h39' pour 16,5km. (FC moy 116, maxi 146)[45">140>5'>131>10'>123]
Jeudi 3/07 : soir, 52' pour 9,0km. (FC moy 112, maxi 127)[1'>123>25'>114]
Vendredi 4/07 : repos
Samedi 5/07 : matin, 44' end (7km) + 9km en 48' (à 11,2km/h) + 19' end (3,2km). Total : 1h51' pour 19,2km. (FC moy 137, maxi 157)[25'30">148>22'>140>35'30">131]
Dimanche 6/07 : matin, 1h46'30" pour 17,2km. (FC moy 117, maxi 146)[45">131>9'>123>1h19'>114]
Total semaine N° 27 : 7h02'30" pour 71,5km en 5 séances.
C.R.A.S.H. N° 28 ---> Semaine du 07/07/2008 au 13/07/2008. Plan perso semaine 3
Lundi 7/07 : repos ou plutôt "marathon de La Rochelle" version "recherche d'appartement" ;-)
Mardi 8/07 : soir, 1h11' pour 12,1km. (FC moy 116, maxi 139)[1'>131>7'>123>47'>114]
Mercredi 9/07 : repos (Au secours, Jean Benoît me rattrape !)
Jeudi 10/07 : repos
Vendredi 11/07 : matin, 50'30" pour 7,9km. (FC moy 128, maxi 152)[20">149>3'>140>20'>131]
Samedi 12/07 : 24 heures de Séné --> départ à 10h.
Dimanche 13/07 : suite des 24 heures de Séné --> fin à 10h. Total 24h00' pour 191,015km.
Total semaine N° 28 : 26h01'30" pour 211,0km en 2 entraînements + 1 compétition.
C.R.A.S.H. N° 29 ---> Semaine du 14/07/2008 au 20/07/2008. Plan perso semaine 4
Lundi 14/07 : repos et rédaction du long CR !
Mardi 15/07 : repos.
Mercredi 16/07 : matin, 51'30" pour 7,4km. (Fc moy 122, maxi 141)[8'>131>17'30>123]
Jeudi 17/07 : matin, 58'30" pour 9,8km. (FC moy 130, maxi 147)[3'30">140>31'>131>12'30">123]---> départ en vacances, prochaine mise à jour le 28/07.
Vendredi : 1h15' end
Samedi : 1h end
Dimanche : 1h30' end
Total semaine N° 29 :
C.R.A.S.H. N° 30 ---> Semaine du 21/07/2008 au 27/07/2008. Plan perso semaine 5
Lundi :
Mardi :
Mercredi :
Jeudi :
Vendredi :
Samedi :
Dimanche :
Total semaine N° 30 :
C.R.A.S.H. N° 31 ---> Semaine du 28/07/2008 au 03/08/2008. Plan perso semaine 6
Lundi :
Mardi :
Mercredi :
Jeudi :
Vendredi :
Samedi :
Dimanche :
Total semaine N° 31 :
C.R.A.S.H. N° 32 ---> Semaine du 04/08/2008 au 10/08/2008. Plan perso semaine 7
Lundi :
Mardi :
Mercredi :
Jeudi :
Vendredi :
Samedi :
Dimanche :
Total semaine N° 32 :
C.R.A.S.H. N° 33 ---> Début de Semaine du 11/08/2008 au 13/08/2008
Lundi :
Mardi : |
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| Utilisation du mouchoir comme compte-tour (le 15/07/2008 à 11h22) |
Le mouchoir, inamovible accessoire de mes sorties course à pied, a plusieurs fonctions : - porte-clé : quand j'ai commencé à courir, je m'embarrassais avec mes clés de maison ou de voiture qui ne tenaient pas forcément dans les poches du short ou du coupe-vent, alors je devais les tenir à la main. J'ai pris l'habitude de passer mon mouchoir dans l'anneau porte-clé et de faire un noeud pour ne pas les perdre. - épongeage : quand je transgoutte à grosses spires, je m'essuie avec mon mouchoir, en prenant garde de ne pas me coller une des clés dans le nez ou les yeux (oui, c'est déjà arrivé ). - saharienne : lors de certains 100km "épiques" style le mythique Chavagnes 2003 et sa non moins célèbre canicule, tout comme certains "Cléder", j'ai utilisé mon mouchoir comme prolongement de ma casquette sur la nuque ou du côté du soleil, ce qui, je l'avoue, devait conférer un gros look de barge, mais qui m'a sûrement évité de finir au fossé avec une bonne insolation. - "desperado attitude" : quand j'attaquais les diligences à l'époque de la ruée vers l'or , non, mais trêve de lol, les jours à moustiques et autres cochonneries volantes j'aime bien me protéger le gosier en mettant le mouchoir de cette façon-là. - compte-tour : quand je faisais des séries de fractionné sur piste ou ailleurs, par exemple les 30/30 en nature, il m'arrivait souvent de ne plus savoir à combien de répétitions j'en étais, et au lieu d'aligner des petits cailloux le long de la piste (fallait-il encore en trouver assez) ou de tracer des bâtons dans la terre le long des chemins, j'ai trouvé qu'il était plus facile d'utiliser mon mouchoir. Dès que j'ai fait une fraction ou que j'ai parcouru un km ou, dans le cas des 24h de Séné, que j'ai parcouru 3 tours, j'entoure le pouce avec mon mouchoir, puis l'index lors de la 2nde fraction puis le majeur et ainsi de suite. Comme ma mémoire vive est quand même supérieure à celle d'un poisson rouge, je sais si j'en suis à 2 ou à 7 ou à 12 ou même 17, mais il m'arrive parfois de ne plus trop savoir quand on est dans les grands nombres. A ce moment-là, le chrono m'aide et je retrouve le nombre exact. A Séné, je n'avais qu'à réciter la table de 3 puis celle de 4 : 3 tours = 1er doigt = 4km 6 tours = 2ème doigt = 8km etc...
En tout cas, j'ai fini "sur l'index" si je me souviens bien, soit 47 x 3 = 141 tours + celui ou ceux entamés, mais j'avoue quand même avoir eu recours par moments au comptage électronique de l'organisation pour m'y retrouver, en raison du décalage entre la distance théorique de 3 tours (soit 4km pour moi) et la distance réelle (sans doute légèrement supérieure).
Prochain cours sur les mouchoirs : leur utilisation en cas de gros rhume
à+Fab*** qui habite tout près de la capitale du mouchoir (Cholet). |
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| ça se précise ! (le 01/06/2008 à 19h10) |
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Il y a un peu plus d'un an, quand j'ai décidé de faire la TransEurope, ce projet me paraissait fou, comme si ce n'était pas moi qui avais décidé de courir et qu'au bout de quelques semaines j'aurai laissé tomber l'affaire. Mais depuis, il s'est passé beaucoup de choses qui ont rendu ce projet de plus en plus concret.
D'abord, le placement sur la liste des partants, officialisé depuis la clôture définitive des inscriptions, qui est devenue effective dès lors qu'on a règlé le montant intégral des frais d'inscription. On m'a attribué un numéro de dossard, le 31, et je fais partie des 65 coureurs actuellement présents sur la liste définitive. D'ici une grosse dizaine de mois, il peut se passer des événements qui élimineront quelques concurrents : blessure, contre indication médicale lors de la visite obligatoire chez un spécialiste, non octroi de congés, ou autres impondérables, ce que je ne souhaite à aucun des inscrits actuels.
S'il n'y a aucun désistement, nous serons alors 65 à partir de Bari le 19 avril 2009 et tous avec le même objectif : arriver au Cap Nord !
Pour ma part, j'ai reçu la confirmation que ma demande de mi-temps annualisé était accordée, si bien que je vais travailler à temps plein pendant la moitié de l'année et je serai en congés pendant l'autre moitié.
C'est déjà une garantie de ne pas me retrouver à rechercher un emploi dans des agences d'intérim, ce qui parfois n'aurait pas été très évident, surtout à mon âge. Mais j'étais quand même prêt à renfiler le bleu de travail, comme lors des quelques années qui ont précédé mon emploi actuel.
C'est aussi la certitude d'être couvert socialement, de ne pas perdre mon poste que je récupérerai fin 2009, de ne pas perdre trop de points à l'avancement et de ne pas perdre non plus trop de temps en ce qui concerne mes droits à la retraite... surtout que par les temps qui courent, on se demande bien si l'on ne va pas nous faire bosser jusqu'à 80 balais. Mais je me serai "cassé" avant, quitte à ne pas obtenir un taux de retraite à 100%.
Voilà donc une nouvelle marche escaladée.
Je ne réalise quand même pas ce qui m'attend, mais ça viendra au fil du temps, et déjà à la rentrée prochaine, une fois la Transe Gaule terminée.
à+Fab*** |
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| Mes records en senior et en V1 (le 05/12/2007 à 19h00) |
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TABLEAU DE MES RECORDS :
| catégorie/distance |
10km |
15km |
SEMI |
MARATHON |
100km |
24h |
autres |
| SENIOR |
37'24" *
(*39'16"/10,5km) |
59'38" |
1h23'43" |
2h57'17" |
8h47'22" |
néant |
26 marathons et 6 "cent km" |
| VETERAN 1 |
41'10" |
1h02'44" |
1h28'38" |
3h06'36" |
9h28'55" |
191,015km |
24 marathons, 14 "cent km", 1 "24h" |
| VETERAN 2 |
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| Brillante troisième étoile :-) (le 08/09/2007 à 17h35) |
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Un petit CR comme j'aime les écrire. pour vous donner, avec un peu de recul, quelques éléments d'explication sur ce que beaucoup considèrent comme une bonne performance de ma part.
Dès la première étape, j'ai adopté un rythme de course prudent, surtout lors du prologue - partie non chronométrée nous menant de Roscoff à Saint-Pol de Léon lieu du véritable départ de la Transe Gaule - où j'en ai profité pour déstresser, effectuer des réglages de chaussures, de ceinture porte gourdes, de tenue, m'arrêter plusieurs fois uriner, bien m'hydrater... et vérifier si le cardio ne s'emballait pas dans les côtes. 45' pour effectuer les quelques 6km à peine mais assez vallonnés et courus sous un reste de tempête avec quelques risques de pluie résiduelle. Le cardio a indiqué 107 bpm de moyenne avec un maxi de 128 bpm. 381 Kcal d'énergie dépensée, qu'il fallait retrouver en s'alimentant juste avant le vrai départ.
A Saint-Pol de Léon, un quart d'heure de battement avant le départ pour rallier Plounévézel, sur 62km, me permit de refaire le plein de mes deux bouteilles de 50cl en eau dans lesquelles j'ajoutai 3 sucres. Je grignotai aussi quelques barres énergétiques avant cette longue journée qui m'attendait.
Dans quel état d'esprit étais-je à cet instant ? J'étais serein bien qu'un peu impatient de voir quelle stratégie j'allais adopter. J'avais le choix entre alterner course et marche d'une part, courir et ne marcher que dans les pentes les plus raides dans un second scénario ou aller plus vite que l'an passé mais au risque de me blesser dans une troisième option.
On verrait bien tout ça après les premiers kilomètres.
Jusqu'à Penzé, sur une partie du parcours du semi-marathon Saint-Pol/Morlaix, j'ai couru à mon rythme sans chercher ni à rattraper ni à doubler les différents coureurs qui s'étaient regroupés qui par deux qui par trois afin de trouver la route moins longue. Mais rendu à Penzé (km11), connaissant la proximité du point de ravitaillement, je décidai de profiter de la côte sévère à la sortie du village pour placer une accélération qui me fit me retrouver seul au ravitaillement. Je savais que si je m'étais retrouvé avec d'autres coureurs j'aurais discuté plus longtemps et j'aurais fait route avec eux sans être à mon rythme, mais au leur. Je repartis donc rapidement après avoir refait le plein de mes bouteilles, pris une bananes et deux gâteaux secs. Je mangeais tout en courant, profitant de quelques côtes pour marcher un peu. C'est ainsi que je continuai mon chemin, via Pleyber-Christ et Berrien. 3 km plus loin, se situait le ravitaillement 4, celui où je rattrapais Werner, le vainqueur de l'an passé, accompagné de son ami coureur Olaf. Werner souffrait d'une épine calcanéenne, ce qui ne l'empêchera pas d'aller au bout, lui aussi de sa troisième Transe Gaule. Je continuai sur ma lancée, les laissant à leurs petits bobos. A ce stade de la course, je possédais plus de 20 minutes d'avance sur le chrono de l'an dernier.
La météo, qui avait été plutôt clémente jusque-là, malgré les risques de tempête annoncés, avait été une alliée et je pris la décision de me débarrasser de mon poncho certes ultra léger mais quand même un peu encombrant à tenir dans les mains surtout quand j'avais déjà mes deux bouteilles et des barres énergétiques. Bien mal m'en a pris car un quart d'heure plus tard je reçus une douche du tonnerre. En cinq minutes j'étais trempé de la tête aux pieds, les runnings faisaient "Flic, flac, floc" à chaque pas. J'étais bien avancé ! Je fus donc contraint de réduire mon allure. Une fois l'averse passée, j'aperçus au loin une silhouette qui ne m'étais pas inconnue : c'était Thierry Viaux, mon homonyme et néanmoins ami et voisin, lui aussi Transe Gaulois étoilé de la promotion 2006. Il me demanda si j'acceptais qu'il m'accompagnât sur les dix derniers kilomètres de l'étape, après en avoir fait la demande à Jean-Benoît, l'organisateur de la course, j'acceptai avec plaisir.
Nous nous fîmes rattraper par Gwenaël Quéant que je trouvais un peu rapide pour une première étape et que je laissais filer en me disant que ça ne servait à rien de se griller et de risquer la blessure pour une question d'orgueil qui m'aurait fait m'accrocher à la 11ème place que j'occupais sans le savoir jusqu'alors.
A cinq kilomètres du but, Thierry et moi nour fîmes arroser une seconde fois par une belle averse alors que je commençais tout juste à sécher.
J'arrivai à Plounévézel, terme de cette premièreétape en 12ème position, dans un temps de 7h08'41", soit presque 35' de moins qu'en 2006.
En consultant le cardio, je me rendis compte que j'avais été moins haut que l'an dernier :
| 1 |
FC moy |
FC max |
dépense énergétique (Kcal) |
temps passé au-dessus de 123bpm |
temps passé au-dessus de 148bpm |
| 2006 |
141 |
159 |
6698 |
7h04'>123 |
1h51'>148 |
| 2007 |
136 |
158 |
5741 |
5h57'>123 |
0h37'>148 | Globalement, cette première étape m'apprit beaucoup sur mon état de forme. Il faudrait confirmer cela demain et rester à l'écoute des sensations.
Comparatif de la première étape :
| TG 2005 |
62 km |
7h31'57" |
11ème/24 |
V=8,231 |
C=11ème |
| TG 2006 |
62 km |
7h43'18" |
23ème/37 |
V=8,029 |
C=23ème |
| TG 2007 |
62 km |
7h08'41" |
12ème/40 |
V=8,678 |
C=12ème |
Deuxième étape, de Plounévézel à Pontivy, 64km.
Le départ fut donné à 6h31 précises. La météo prévue pour ce jour ne laissait pas grand espoir d'avoir du beau temps. Les risques de précipitations étaient importants. On verra bien quand ça arrivera.
Fidèle à ma ligne de conduite prudente, je m'élançai relativement lentement, laissant le soin aux "cadors" d'allumer dès le départ. Comme disent les gens du coin : "C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses." En d'autres termes, on fera un premier petit bilan ce soir, et l'objectif primordial est quand même d'arriver à Gruissan-Plage le 1er septembre.
Surprise peu avant Carhaix, je me fis dépasser par deux missiles lancés à vive allure dans la descente : Sigrid, l'Allemande et Jean-Claude Arzel au look peu en rapport avec les courses d'ultra. Peu de temps après, les choses redevinrent "normales" et une première hiérarchie s'installa. Je doublai quelques coureurs partis, à mon avis, un peu trop rapidement, et d'autres furent rattrapés au fil des kilomètres. D'ailleurs, ce sera une constante pour les 8 premières étapes, je doublerai chaque jour à peu près dans le même ordre : Klaus, Bram, Gilbert, Dietrich et Olaf. Bram, le Hollandais, qui, à chaque fois que je le rattrapais, me disait que je faisais mon fitness, allusion à mes deux bouteilles solidement attachées à mes deux mains, Olaf qui se réjouissait de constater que tous les jours l'heure du dépassement se faisait de plus en plus tardivement, Dietrich qui me souriait alors que je lui glissais un petit "Wie geht es dir Heute?" tout en le doublant et en lui disant "Es geht mir gut auch", Gilbert, le métronome montagnard réglé sur du 8km/h lors de toutes les étapes et qui ira jusqu'au bout sans faiblir bien au contraire se fiant au plan de route qu'il s'était fixé et qu'il portait sur lui avec le profil de l'étape, Klaus, un peu moins bavard que l'année précédente mais qui avait le temps de me lancer un petit "Bonjour, je m'appelle Klaus et je vais bien !" avec son petit accent allemand ... Tous ces instants resteront gravés dans ma mémoire.
Je me souvenais parfaitement de cette étape et de la portion le long du canal de Nantes à Brest de 9km. Avec Daniel Müller*****, nous nous sommes retrouvés à différents moments de cette étape et pas très loin de l'arrivée, nous décidâmes de finir ensemble. J'eus un peu de mal à le suivre sur la fin, aux abord de Pontivy, mais il se mit à ralentir pour m'attendre et nous franchîmes la ligne d'arrivée en même temps à la 11ème place dans le temps de 7h09'09". La météo, au bout du compte avait été clémente; point de pluie contrairement aux prévisions, pas trop de chaleur, sauf à l'heure de l'arrivée où l'ombre se faisait plus rare.
Bilan après consultation du cardio :
| 2 |
FC moy |
FC max |
dépense énergétique (Kcal) |
temps passé au-dessus de 123bpm |
temps passé au-dessus de 148bpm |
| 2006 |
126 |
156 |
5624 |
5h07' |
0h02' |
| 2007 |
119 |
138 |
4574 |
1h53' |
0h00' |
| TG 2005 |
64 km |
7h39'50" |
11/24 |
V=8,351 |
C=12/24 T=15h11'47" |
| TG 2006 |
64 km |
7h42'59" |
17/37 |
V=8,294 |
C=22/37 T=15h26'17" |
| TG 2007 |
64 km |
7h09'09" |
11/40 |
V=8,948 |
C=12/40 T=14h17'50" | La longue troisième étape, Pontivy-Guer, celle du moment de vérité qui orientera la TG soit vers une grosse galère soit vers des moments plus joyeux : 75km dont une fin sur une ancienne ligne de chemin de fer transformée en chemin et piste de randonnée.
Le départ à 6h39' laissait augurer une arrivée aux alentours de 15h30/16h si tout se passait bien pour moi, c'est à dire si je n'avais pas de douleurs et si je ne recevais pas trop de pluie. La météo annoncée n'était encore pas très bonne, mais nous partîmes sous un ciel assez dégagé dans une athmosphère fraîche pour une mi-août (12°).
Je démarrai fidèle à ma ligne de conduite, prudent, laissant à l'organisme le temps de se chauffer, puis j'adoptai après une dizaine de kilomètres de course un rythme plus soutenu tout en étant contrôlé, aux alentours de 9km/h de moyenne. Noyal-Pontivy, Rohan, Les Forges, Lanouée, La Grée Saint-Laurent, Helléan furent traversés les uns après les autres en gérant course et ravitaillements. Le véritable début des difficultés allait arriver au moment de traverser Ploërmel. Une ville importante, moyenne ou grande, nécessite toujours plus d'attention de notre part car le risque de s'y tromper de route est plus important. La baisse de rythme avec les différents carrefours à traverser et les nombreuses montées et descentes de trottoirs font vite passer l'organisme de l'endurance fondamentale à la résistance si l'on n'y prête garde. Connaissant ce genre de ressenti, j'ai effectué une traversée assez rapide, sachant m'orienter et retrouver d'un coup d'oeil mon itinéraire afin d'atteindre la sortie de la ville sans fatigue supplémentaire.
A ce moment, il ne restait plus qu'une vingtaine de kilomètres à courir dont une longue partie sur le chemin remplaçant la voie ferrée. J'y entrai seul, loin derrière Daniel qui possédait environ 3km d'avance et que je ne pouvais apercevoir même sur les longues portions droites de cette voie. Deux ravitaillements venaient en briser la monotonie. Mon rythme était régulier, mais mon attention décuplée : il ne faudrait pas se faire une entorse ou chuter en trébuchant sur une racine. Lorsque je sortis du chemin pour effectuer les 300 derniers mètres sur le bitume, j'étais content car cette longue étape était terminée et s'était globalement dérulée sans encombre. Mon chrono de 8h34'15" me convenait parfaitement ainsi que ma 12ème place. L'objectif de cette Transe Gaule en terme de classement était de faire une place de mieux que l'an dernier, c'est à dire 14ème. C'était bien parti. De plus, comme j'étais arrivé à 15h15', je gagnai trois-quarts d'heure de repos supplémentaires. Le temps était resté sec toute la journée, le linge n'était pas trop sale, donc la lessive ne prendrait pas trop sur mon temps de récupération : c'était une journée de tout bonus. Hélas, deux coureurs durent abandonner, l'un sur blessure trop importante (hernie inguinale) pour continuer sans se mettre en danger, l'autre par méconnaissance de ses propres capacités à endurer la douleur. Je reste persuadé que s'il avait géré ses douleurs quelques jours en restant calé au fond du peloton, il se serait refait une santé. Mais sur un coup de tête, c'est une décision facile à prendre et qu'on regrette vite. Souhaitons-leur de revenir et de réussir une prochaine fois.
| 3 |
FC moy |
FC max |
dépense énergétique (Kcal) |
temps passé au-dessus de 123bpm |
temps passé au-dessus de 148bpm |
| 2006 |
119 |
142 |
6157 |
2h16' |
0h00' |
| 2007 |
118 |
138 |
5353 |
1h43' |
0h00' |
| TG 2005 |
75 km |
9h17'02" |
14/24 |
V=8,079 |
C= 12/24 T=24h28'49" |
| TG 2006 |
75 km |
9h24'50" |
23/37 |
V=7,967 |
C=21/37 T=24h51'07" |
| TG 2007 |
75 km |
8h34'15" |
12/38 |
V=8,750 |
C=12/38 T=22h52'05" |
Quatrième étape : Guer-Châteaubriant, 67km en réalité pour raison de modification du lieu d'arrivée. Ce km en moins, de toute façon on l'aurait en plus le lendemain !
J'arrivai dans mon "pays", mon département, et je me doutais bien (ou j'espérais) que j'allais voir des gens qui me connaissent. La météo encore une fois fut plus pessimiste qu'en réalité, comme la veille, on nous avait annoncé des risques de pluie, mais en réalité, juste un petit passage de bruine vers la fin de course avec un vent assez soutenu qui était apparu vers la mi-journée. Cette étape, mentalement je l'avais découpée en trois parties : une qui va jusqu'à Messac (km27), une autre jusqu'à Sion les Mines (km50) et la dernière jusqu'à l'arrivée et la longue route entre Saint-Aubin des Châteaux et Châteaubriant. Je me retrouvai vite en compagnie de Daniel Müller***** avec qui je courus jusqu'à Guipry. Mais à cet endroit, il devait impérativement stopper pour une envie pressante si bien que je continuai ma route sans l'attendre. Il finirait bien par me rattraper, lui qui a l'habitude de mieux finir les étapes que moi. Je courus le reste de l'étape seul, rattrapant Gérard Habasque, blessé, au dernier ravitaillement, et je me fit quand même reprendre par Damiel à 1km de l'arrivée, où cette fois-ci c'est moi qui dus ralentir afin que nous franchissions la ligne d'arrivée ensemble. 9ème ex-aequo en 7h34'24", ça m'allait parfaitement. J'avais encore gagné du temps sur l'an passé (plus d'1h06'). Deux mauvaises nouvelles arrivèrent pendant le temps de repos : l'abandon, toutefois non surprenant, de Jean Claude Arzel, et la probable arrivée hors délais de Jacques Sirat qui avait pourtant terminé les trois premières étapes à la troisième place. Une blessure à une cheville contractée la veille l'avait contraint à galérer toute la journée. J'étais triste pour lui qui déjà l'an dernier avait dû nous quitter trop tôt.
J'eus, comme espéré, de la visite. Deux athlètes de la région, connus pour leurs bons classements dans les compétitions régionales, sont venus sur la ligne d'arrivée et nous avons discuté un peu des différences entre ce genre de course et les traditionnels marathons ou autres 100km. Mon frère vînt aussi me rendre une petite visite : comme c'était son anniversaire, je le lui fêtai et lui offris un T-shirt de la TG. Il devait repartir assez tôt mais il me promit de venir me voir à l'étape de Peyrelevade, le week-end prochain. Content. Le soir, comme il y avait un supermarché juste à côté de la salle de la Foire de Béré où nous étions hébergés, j'allai faire quelques courses afin de remplir le sac de goûters et autres barres énergétiques, cakes, boissons, et j'en profitai pour m'acheter de quoi dîner pour sortir du sacro-saint Bolino que j'aurais l'occasion de pouvoir déguster lors d'autres soirées étapes.
| 4 |
FC moy |
FC max |
dépense énergétique (Kcal) |
temps passé au-dessus de 123bpm |
temps passé au-dessus de 148bpm |
| 2006 |
119 |
139 |
5649 |
2h25' |
0h01' |
| 2007 |
115 |
136 |
4516 |
0h34'30" |
0h00' |
| TG 2005 |
68 km |
8h14'55" |
11/24 |
V=8,244 |
C= 12/24 T=32h43'44" |
| TG 2006 |
68 km |
8h40'59" |
24/36 |
V=7,831 |
C=23/36 T=33h32'06" |
| TG 2007 |
67 km |
7h34'24" |
9/36 |
V=8,847 |
C=11/36 T=30h26'29" | La cinquième étape, dont le départ fut donné du site de la Foire de Béré à Châteaubriant, nous proposait 70 kilomètres à travers les deux départements où j'ai résidé : la Loire-Atlantique et le Maine et Loire. L'arrivée se situait à Saint-Georges sur Loire. Nul doute que j'allais m'y sentir chez moi et que j'allais encore avoir des visites, certaines prévues et d'autres non. 6h38' le départ fut donné, il faisait encore un peu nuit, mais on sentait que le jour ne demandait qu'à se lever. Les premiers hectomètres furent courus à l'entrée de la ville, là où on aurait dû continuer si l'on avait fait comme l'an dernier. 12'40" pour atteindre l'ancienne ligne d'arrivée, le compte de Jean-Benoît s'avérait un peu court en ce qui concernait l'allongement de l'étape que je fixais mentalement à +1,5km. Mais tant pis, on en avait économisé autant la veille. La sortie de la ville fut longue, mais pas trop difficile. Je pensais à Frédéric Morand qui avait abandonné l'an dernier ici-même et qui cette année semblait avoir exorcisé sa mésaventure. Je souhaitais vivement le voir ce soir après l'arrivée. Erbray fut traversée après 1h15' de course soit avec 7 à 8' de plus que lors des précédentes éditions, mais cela était dû aux 1,5km supplémentaires du départ. A Petit-Auverné ainsi qu'à Saint-Sulpice des Landes, passés en 1h53' et 2h45' (km16,5 et km 23,5) je ne m'étais pas encore vraiment repris du temps, mais je savais que j'allais plus vite. J'avais profité de toute la partie peu vallonnée du début d'étape pour bien régler mon allure. A Freigné, au ravitaillement, j'aperçus ma petite famille, ma femme et mon fils. Ils m'attendaient. Je leur fis rapidement un petit bisou et repartis après m'être bien ravitaillé. La partie vallonnée commençait et je comptais alors de l'avance sur mes temps passés et ne souhaitais pas la perdre. Les côtes ne se passèrent pas trop bien, m'obligeant à alterner course et marche afin de ne pas monter trop au-delà des limites cardiaques que je m'étais fixées. Je ne dépassais pas 135 alors que jusque-là je n'avais jamais été au-dessus de 126. J'attendais de passer La Cornuaille (km45,5) pour commencer mon décompte mental : plus que 25km soit 2 h 45 à 3h sachant que le relief était plutôt "houleux" avec des successions de fortes côtes et de fortes descentes. De temps à autres, je me faisais doubler par ma voiture conduite par Pascale qui m'encourageait. Je connaissais cette partie du parcours non seulement pour l'avoir déjà faite deux fois, mais aussi parce que j'étais venu en juin courir les 100km du Loire-Béconnais qui empruntait certaines de ces difficultés. Villemoisan et son ravito furent atteints en 6h12' (pour 55,5km) mais ni mon fils ni ma femme ne m'y avaient attendu. J'en appris la raison qui me fit bien rigoler : Gilles, l'accompagnateur de Raymond Brandhonneur avait fermé son véhicule d'assistance en laissant les clés dedans ! Le ballot ! Heureusement, Pascale et mon fils s'arrêtèrent chez un agriculteur du coin afin de lui demander de l'aide. Ils retrouvèrent Gilles avec un bout de fil de fer et réussirent à ouvrir le camion. Cela m'avait fait une petite distraction. J'avais oublié Olaf, l'Allemand que j'avais rattrapé peu avant et qui était resté un peu plus longtemps que moi au ravitaillement. Il était content, car chaque jour je le dépassais de plus en plus tard sur le parcours : aujourd'hui au km55, alors que les jours précédents cela avait été au km 33, puis au km 40. J'arrivai à Saint-Augustin des Bois pour le dernier ravitaillement et peu après j'aperçus Diogène, un des membres les plus actifs du forum de Bruno Heubi. Il avait le bras dans le plâtre, enfin plutôt maintenu par une coque de résine. Il me demanda s'il pouvait faire quelques kilomètres pour m'accompagner ce que j'acceptais avec plaisir. Il était prévu aussi que mon fils fasse les deux ou trois derniers kilomètres avec moi, quand nous serions sur la piste cyclable protégée d'avant Saint-Georges sur Loire le terme de cette étape. Nous terminâmes ensemble cette belle journée de course où la météo fut encore clémente, ni trop chaude, ni trop froide, sèche et pas trop venteuse. 8h05'55" pour 70km et des brouettes. Encore une heure de gagnée ! J'étais 10ème de l'étape et devenais aussi 10ème au général en raison de la perte d'une place due à une blessure de Gérard Habasque. 14h45, c'est bien comme heure d'arrivée et la 5ème étape terminée, c'est la fin de la première semaine de course (en fait 5 jours, mais comme on était dimanche, le lendemain une nouvelle semaine commençait). Le bilan à ce stade de la compétition était très positif pour moi : pas de blessure, juste quelques douleurs inhérentes à cette accumulation de kilomètres, pas d'usure prématurée des semelles des deux paires de runnings utilisées jusqu'alors en raison d'une foulée plus "aérienne" (on ne rigole pas ;-) ), du temps gagné en masse sans pour autant "piocher", une place au général meilleure que celle espérée au départ, mon organisation était rôdée, j'avais plus de repos... Enfin, tout baignait. J'allais même pouvoir me reposer encore plus, puisque Pascale se proposait de m'aider dans l'après-étape. J'en profitais également pour me débarrasser d'affaires qui étaient inutiles et qui n'avaient jamais servi depuis Roscoff. Du linge propre, des recharges de poudre énergétique, des cakes, des gâteaux de riz, un Yop... le pied quoi !
Demain commencerait la phase 2 de la TG : le franchissement de la Loire et l'attaque des grandes plaines après un bref passage dans les côteaux du Layon. Je connaissais aussi très bien ce qui allait arriver dans les trois prochains jours pour être allé reconnaître ces étapes une dizaine de jours avant le départ.
| 5 |
FC moy |
FC max |
dépense énergétique (Kcal) |
temps passé au-dessus de 123bpm |
temps passé au-dessus de 148bpm |
| 2006 |
113 |
140 |
5324 |
0h24' |
0h00' |
| 2007 |
113 |
138 |
4659 |
0h40'30" |
0h00' |
| TG 2005 |
69 km |
8h32'54" |
11/24 |
V=8,072 |
C= 12/24 T=41h16'38" |
| TG 2006 |
69 km |
9h04'26" |
26/35 |
V=7,604 |
C=24/35 T=42h36'32" |
| TG 2007 |
70 km |
8h05'55" |
10/36 |
V=8,643 |
C=10/36 T=38h32'24" | "Un nouveau jour se lève, enfin... "nouveau" est un grand mot, Ils se ressemblent tellement tous qu'on n'fait plus gaffe aux alentours..." Ce début de chanson de Keny Arkana me fait un peu penser à l'état d'âme dans lequel on peut se trouver le matin quand les lumières des gymnases s'allument sur les coups de 5 heures. "Des gens se bousculent, se marchent dessus, en fait Mais ils ne se regardent plus, chacun reste dans sa tête..." Chacun dans sa bulle se prépare mentalement à passer une longue journée, pas trop difficile pour certains, mais galère pour d'autres. A la fatigue physique s'ajoute une certaine fatigue mentale amplifiée par l'inconnue que constitue chaque étape. Comment cela va-t-il se passer aujourd'hui ? Vais-je avoir de nouvelles douleurs ? Celles dont je souffre actuellement vont-elles durer ou disparaître au bout d'un certain temps ? Et là, on n'a pas le temps de cogiter, il faut se lever, aller prendre son petit déjeuner, ranger son barda, prévoir ... l'imprévu, prévoir ce soir, quand on arrivera afin de trouver chaque chose à sa place dans le sac ou la valise. Peu de bruit dans ces gymnases, le respect de l'autre, des autres et de leurs souffrances, de leur mal-être, font que chacun garde pour lui son impétuosité, son envie de se lâcher, de déconner une dernière fois avant d'avaler son lot de kilomètres quotidiens. Je suis obligé de me retenir, moi qui aime bien de temps en temps "dire une connerie" façon Barthez. Tiens, pour marquer le coup, parce qu'on attaquait l'étape 6, celle qui menait de Saint-Georges à Doué la Fontaine sur 53km, je décidai de changer de chaussures et de mettre pour la première fois depuis Roscoff mes Mizuno Nirvana 2 (N°4 car c'est la 4ème paire que je possède dans cette série). Auparavant, j'avais couru avec des Mizuno Alchemy 6, deux paires en alternance, surtout une dans le cas d'une étape avec chemins et risques de pluie. Je n'oubliais pas de placer mes semelles orthopédiques à l'intérieur de mes Nirvana. Pour les Alchemy, pas besoin de semelles orthopédiques en raison de leur contrôle de l'hyper-pronation. A 6h40, nous quittions Saint-Georges sur Loire, dans la nuit finissante. Vers l'ouest le ciel semblait couvert tandis qu'à l'est le ciel dégagé laissait présager un superbe lever de soleil sur les îles de Loire. Je partis prudemment comme à mon habitude, sachant que j'avais 8km de plat pour me chauffer avant d'attaquer une longue montée vers les côteaux du Layon, région viticole dont nous avions pu déguster la veille au soir le merveilleux vin sucré. Je me délectais du paysage lors de la traversée de Chalonnes sur Loire où j'avais résidé il y a 15 ou 16 ans, me rappelant les sorties matinales d'entraînement alors que je n'avais que deux ou trois années de pratique. Aurais-je pensé à cette époque y passer à nouveau dans le cadre d'une grande aventure comme la TG ? La montée vers la Haie longue fut régulière, ponctuée de périodes brèves de marche afin de faire baisser la FC, et quand j'atteignis le sommet, j'étais dans un bon tempo tout en ne dépassant pas 132 bpm. Seul hic : mes runnings qui "tapaient". Loin du confort des Alchemy, j'avais l'impression de ne plus avoir d'amorti, surtout quand vinrent les descentes. Au ravitaillement de Saint-Aubin de Luigné, je refis le plein de tout ce que je prends d'habitude et je repartis à l'assaut des nombreuses bosses qui allaient ponctuer notre parcours pendant une vingtaine de kilomètres au moins. La suite et la fin de cette étape seraient plus plates et mes petits tracas de chaussures finiraient bien pas se dissiper. La météo restait sèche, malgré l'envahissement progressif du ciel par des nuages toujours plus nombreux et sombres. Mes releveurs qui me titillaient un peu (mais pas assez pour que j'en parle auparavant lors des deux ou trois étapes précédentes) laissèrent place à un gène progressive sur les tendons d'Achille. J'aurais l'air malin si je commençais à avoir des bobos. Ce n'était pas prévu dans le scénario idéal. Je décidai de rester prudent, à l'écoute mais sans trop focaliser sur ces désagréments qui faisaient partie des risques encourus par l'accumulation des km. La fin d'étape fut longue, mais ça allait. J'avais failli ajouter de la distance à l'étape en hésitant par deux fois sur l'itinéraire à prendre une fois entré dans Doué. Pourtant, j'étais déjà venu sans encombre deux fois ici. J'aperçus le flèchage enfin pour franchir la ligne d'arrivée en 6h04'39", à la 11ème place. Cette fois-ci, Olaf n'avait pas été dépassé : il était content. De plus, Ullrich arriva juste après moi, à moins de 2'. Il faudrait compter sur ces deux-là à l'avenir. Peut-être devrais-je perdre deux places au général s'ils finissaient les prochaines étapes en trombe. Ce n'était pas le plus important pour moi, l'essentiel étant d'arriver à Gruissan. Le temps d'ouvrir mon panaché habituel des fins d'étapes, et il se mit à pleuvoir, doucement au début, le temps que j'aille au gymnase, puis de plus en plus fort. J'étais à l'abri, mais je pensais à tous les autres concurrents encore sur les routes. La pluie ne cessa pas avant 19 h, elle avait commencé vers 12h45. Elle tomba sans discontinuer pendant tout ce temps parfois forte parfois très forte. Heureusement que j'avais trouvé un endroit abrité pour étendre mon linge ! Je me dépêchais de tout préparer pour le lendemain afin de me reposer et de dormir un peu. Quand il pleut, il fait aussi plus frais dans les salles donc le meilleur moyen d'être au chaud c'est d'aller dans son duvet. J'avais auparavant pris une bonne collation tout en discutant avec les coureurs allemands à qui je prêtais mon dictionnaire Français-Allemand.
| 6 |
FC moy |
FC max |
dépense énergétique (Kcal) |
temps passé au-dessus de 123bpm |
temps passé au-dessus de 148bpm |
| 2006 |
112 |
138 |
4026 |
0h45' |
0h00' |
| 2007 |
112 |
137 |
3385 |
0h39'30" |
0h00' |
| TG 2005 |
53 km |
6h34'51" |
15/24 |
V=8,054 |
C= 12/24 T=47h51'29" |
| TG 2006 |
53 km |
6h59'14" |
27/34 |
V=7,585 |
C=24/34 T=49h35'46" |
| TG 2007 |
53 km |
6h04'39" |
11/36 |
V=8,721 |
C=10/36 T=44h37'03" | Etait-ce pour me remercier du prêt du dictionnaire que le lendemain les coureurs allemands passèrent à l'attaque ? En tout cas, la 7ème étape aura été l'étape "déclic". Elle nous menait de Doué la Fontaine à Monts sur Guesnes, sur 58km. J'avais révisé cette étape et appris à conjuguer à tous les temps "courir sur la D14". On allait faire sa connaissance au km33 et ne plus la quitter sur une vingtaine de km avant d'emprunter une voie verte, ancienne voie de chemin de fer. Et le lendemain, on remettrait ça sur une cinquantaine de km. Interminable la D14 ? C'est peu dire ! Je remis mes Mizuno Alchemy, rangeant les Nirvana pour de bon : elles me serviraient en cas d'urgence, si les deux autres paires étaient trop mouillées. Le début de l'étape fut magnifique, une fois sortis de Doué, lorsque nous évitâmes la grande route pour cheminer sur une petite route tranquille puis sur des chemins entre des vignes et des forêts. Au sortir de cette partie, aussi nommée voie Bonnot, du nom d'un illustre Transe Gaulois local promotion 2005, le majestueux château de Montreuil Bellay apparut. La traversée de Montreuil se déroula bien et je continuai mon petit bonhomme de chemin pendant encore une quinzaine de km. Peu à peu, je sentais que je n'avais pas trop de jambes : ça arrive les jours sans, mais aujourd'hui, ça tombait mal car c'est une étape dont je sais la fin difficile car monotone (la D14 :-( ). Les coureurs allemands proches au général (Olaf, Klaus, Ullrich) en profitèrent pour me dépasser et pour essayer de creuser l'écar, enfin, c'est le genre de pensées que je m'étais mis en tête. Tant pis, je n'avais pas la cylindrée pour suivre; j'optais donc pour la conduite prudente et pour assurer l'arrivée. Une nouvelle fois, la météo alarmiste s'était trompée : nous eûmes du temps agréable, gris avec des éclaircies, en fait, un temps presque parfait pour courir. Lorsque j'arrivai, j'étais 13ème, en 6h27'49" (encore 57' de gagnées !). J'avais perdu plus de 20' sur mes compagnons allemands, mais peu importait, l'essentiel avait été atteint.
| 7 |
FC moy |
FC max |
dépense énergétique (Kcal) |
temps passé au-dessus de 123bpm |
temps passé au-dessus de 148bpm |
| 2006 |
116 |
139 |
4625 |
1h12' |
0h00' |
| 2007 |
113 |
140 |
3726 |
0h24' |
0h00' |
| TG 2005 |
58 km |
7h02'42" |
15/24 |
V=8,091 |
C= 14/24 T=54h54'11" |
| TG 2006 |
58 km |
7h24'50" |
20/32 |
V=7,823 |
C=22/32 T=57h00'36" |
| TG 2007 |
58 km |
6h27'49" |
13/36 |
V=8,973 |
C=10/36 T=51h04'52" |
8ème étape, Monts sur Guesnes-Angles sur l'Anglins, 63km. Le départ fut donné à 6h36 précises sous un temps couvert, avec un brouillard à peine frais, une grisaille qui laissait présager quelques précipitations avant la fin de la course. Les premiers hectomètres pour rejoindre la D14 m'indiquèrent qu'il faudrait compter avec quelques petites douleurs que j'avais apprivoisées depuis quelques étapes : extenseur des orteils du pied droit + tendon d'Achille droit. Une fois la partie d'échauffement passée, on verrait bien si le rythme pourrait être ou non plus soutenu comme envisagé la veille. Je déclinais ma D14, consultant à chaque borne kilométrique mon temps au kilomètre, passais à Berhegon en 30' (km4), à Orches en 1h01' (km9), à Sossais en 1h39' (km15) puis à Thuré en 2h19' (km22). Châtellerault approchait, je fus rejoint par Ullrich avec qui je traversais la ville, lui servant de guide puisque je connaissais déjà les lieux. Après la grande ville, retour sur la D14 et la campagne : champs de melons, de maïs... J'étais de nouveau seul, ayant lâché Ullrich; Targé (3h51' pour 33km), où je doublais Stéphane Pélissier, blessé et contraint à adopter une cadence peu en rapport avec son classement (2ème au général à ce moment de la TG), Senillé, où je commençais à rencontrer la pluie, puis la longue arrivée à Pleumartin ( en 5h16' pour 51km). Au ravitaillement, comme j'allais bien malgré la pluie, je me mis à chantonner "Il pleut, il pleut Martin...", oui, je sais, ce n'est pas très drôle, mais celle-là je ne pouvais pas la rater ! Je repartais boosté par le fait de connaître mon avance sur certains de mes poursuivants et avec qui j'avais envie de creuser les écarts pour rattraper le temps "perdu" de la veille. Ullrich me reprit à 5 km de l'arrivée et nous décidâmes de terminer l'étape ensemble, heureusement pour moi car s'il l'avait voulu, il m'aurait déposé sur place et pris plusieurs minutes. Mais sa façon de gérer la course est aussi sage que la mienne (voire plus) et il s'est rendu compte que de grapiller 2 ou 3' ne servait à rien sinon à se fatiguer prématurément. Nous arrivâmes ensemble à la 8ème place ex-aequo en 6h40'37". J'étais satisfait de mon étape, ayant repris 20' à Daniel qui encore une fois me dira "Aujourd'hui je me suis bien reposé" ce qui avait le don de me titiller, moi qui avais un peu "tapé dedans" et qui ne cachais pas que je recommencerai le lendemain si les jambes me le permettaient. Olaf, blessé par sa course de la veille avec de nouvelles chaussures peu adaptées à la course à pied, perdit 1h. A Angles sur l'Anglins, une difficile période d'après étape m'attendait : il pleuvait, il n'y avait pas de douches, juste un tuyau d'arrosage dans le jardin qui jouxte la salle des fêtes dans laquelle nous étions hébergés, pas beaucoup de surface d'étendage pour le linge qui, je me demandais, allait-il pouvoir sécher ? Enfin, au bout de mes petits tracas d'intendance, je repris l'envie d'aller me dégourdir les cannes en faisant un petit tour dans le village, surtout pour manger un petit quelque chose qui me changerait des Bolinos. Avec Damien, nous allâmes dans un café-brasserie qui nous servit un plat du jour avec des frites ainsi qu'un panaché (ou plutôt plusieurs). Nous étions situés juste sur la place du village où après un dernier virage il faut descendre une pente raide afin d'atteindre l'arrivée.
Le soir, une équipe de télé était annoncée (France 2). Elle devait rester sur la course le lendemain afin d'y effectuer un reportage, tout comme TF1 l'avait fait la semaine précédente.
Bilan de ma journée :
| 8 |
FC moy |
FC max |
dépense énergétique (Kcal) |
temps passé au-dessus de 123bpm |
temps passé au-dessus de 148bpm |
| 2006 |
113 |
141 |
4867 |
0h43' |
0h00' |
| 2007 |
120 |
153 |
4298 |
2h31' |
0h00'20" |
| TG 2005 |
63 km |
7h54'08" |
14/24 |
V=7,972 |
C= 14/24 T=62h48'19" |
| TG 2006 |
63 km |
8h12'02" |
20/32 |
V=7,682 |
C=21/31 T=65h12'38" |
| TG 2007 |
63 km |
6h40'37" |
8/36 |
V=9,435 |
C=10/36 T=57h45'29" |
9ème étape, Angles sur l'Anglins- Saint-Sulpice les Feuilles, 69km.
Cette étape devait nous faire franchir la mi-course, au km 57, soit 585km depuis Roscoff. Je me souvenais très bien m'être arrêté prendre symboliquement le panneau en photo. Cette année, pour raison de gain de temps et d'allègement maximal, point d'appareil photo : tout dans la tête et la mémoire fera le reste. Jusqu'alors, le temps avait été plutôt clément, mais en ce petit matin frais et pluvieux, la météo se rappelait au bon souvenir de cet été "pourri" qu'a connu le pays cette année. Pas de poncho sur le dos, juste enroulé dans les mains avec les bouteilles habituelles, on verrait bien au fil de l'étape si son utilité devenait indispensable. L'équipe télé de France 2 était là, pour filmer le départ, tout comme la veille au soir pour les moments de vie d'après course et ce matin au réveil pour immortaliser le lever et la mise en route des extraterrestres. Dès le départ, un raidillon de 200m, celui que nous avions descendu hier pour l'arrivée, qu'il fallait négocier tranquillement : pas la peine de courir, de toute façon on allait aussi vite que ceux qui couraient. Mon début d'étape fut assez rapide quand une fois bien échauffé j'avais pris mon rythme de croisière, légèrement supérieur à ce que j'avais fait jusqu'alors. Sauzelles (1h09' au km10,5), Saint-Aigny (1h29' au km 13,5), puis Le Blanc (1h44' km16), Mauvières et enfin Bélâbre (3h12' au km 30). La moyenne avait sérieusement augmenté et pris au jeu des renseignements sur mes poursuivants, je gardais le rythme soutenu que je m'étais imposé. Seul Ullrich, mon poursuivant le plus dangereux au général, était devant, mais je ne m'en faisais pas sachant qu'il avait plusieurs heures de retard au général. Nous fîmes néanmoins quelques kilomètres ensemble, avant qu'il ne parte devant. L'équipe de la télévision nous filma d'ailleurs lors du passage sur le pont de Bélâbre : les caméramen nous demandèrent d'attendre d'abord qu'une dame soit bien sur le pont avec son parapluie, afin de rendre la scène plus bucolique, mais celle-ci s'en alla, effrayée par l'idée d'être filmée. Nous repartîmes quelques instants puis l'équipe nous redemanda de nous arrêter afin de laisser passer une auto qui ferait désordre sur le reportage. Avec Ullrich, nous commencions à nous impatienter, nous étions quand même sur une course et non pas à faire du tourisme : il fallait assurer le chrono. La troisième prise devait être la bonne, de toute façon, mon acolyte et moi nous nous remîmes à courir en nous tapant dans la main. Il me lâcha donc un peu plus loin, je n'ai pas essayé de m'accrocher, le plus important était le temps que je gagnais sur l'arrière de la course et sur mon étape de l'an dernier. Interminables 20km suivants, avec de longues lignes droites sur des portions de routes en travaux avec les gravillons que je risquais d'avoir dans mes runnings, et ceux projetés par les véhicules qui me croisaient. Enfin j'arrivais sur une route tranquille où le panneau d'entrée dans le village de Beaulieu signifiait aussi la marque de mi-parcours. Top chrono en 6h18' pour le km 57, Plus que 12 et cette assez longue étape serait finie. J'étais 7ème de l'étape et le restais jusqu'à l'arrivée où je finissais 23' derrière Ullrich et 9' devant Daniel*****. 7h36'11" pour ces 69km, j'avais encore gagné presque 1h30' par rapport à l'an dernier.
Trois coureurs ne finirent pas l'étape en raison de leurs blessures trop handicapantes : Martial Lanoue, Gérard Habasque et Patrick Michel. Marqués physiquement, dans leur chair, et psychologiquement, ce dut être des décisions très difficiles à prendre pour eux.
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